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L'épuisement n'est jamais un idéal

Il y a des générations d’hommes et de femmes à qui l’on a appris qu’il fallait cravacher pour être à la hauteur. À la hauteur de quoi, au juste ?

Souvent d’une image : celle que l’on veut renvoyer, celle qui rassure, celle qui donne une place… parfois au prix de sa santé.


Dans ce modèle, la santé passe après la réputation, après la reconnaissance, après le regard des autres. Travailler moins, autrement, ou simplement s’accorder du temps peut alors devenir suspect. L’idée toute faite selon laquelle “il profite du système” vient masquer quelque chose de plus inconfortable.


Car celui ou celle qui a du temps pour soi renvoie parfois un miroir difficile à regarder. Un miroir qui révèle non pas de la paresse, mais une liberté que beaucoup n’arrivent pas, ou n’osent pas, à s’accorder.


Prendre soin de soi n’est pas une faute. Ce n’est pas un privilège volé.

C’est peut-être, au contraire, un acte de lucidité dans un monde qui confond trop souvent valeur et épuisement. Tant que l’on restera dans ce schéma, on continuera de croire que se tuer à la tâche est ce qu’il y a de mieux à faire. Comme si l’épuisement était une preuve de valeur. Comme si ralentir était une faute.


Pourtant, lorsqu’on s’approche de la fin, le regard change.

C’est ce que raconte Les cinq regrets des personnes en fin de vie, écrit par Bronnie Ware, infirmière en soins palliatifs. Elle a recueilli les paroles de personnes âgées ou en fin de vie, et une chose revient, encore et encore.


Le regret n’est pas d’avoir trop peu travaillé. Mais de ne pas avoir vécu selon soi. De s’être plié aux attentes. D’avoir sacrifié sa santé, son temps, ses élans, pour une image ou une reconnaissance qui, à la fin, n’importe plus.


Ce livre ne condamne rien. Il met simplement en lumière une vérité dérangeante : ce que l’on applaudit toute une vie n’est pas toujours ce que l’on honore au moment de partir.


Peut-être que la vraie question n’est pas « Est-ce que j’en fais assez ? » mais « Est-ce que je vis encore en accord avec moi ? »


 
 
 

1 commentaire


Merci pour cet article qui va à contre-courant d'un bon nombre d'idées reçues en Occident. Merci également d'avoir mentionné l'ouvrage de Bronnie Ware "les 5 Regrets des Personnes en Fin de Vie" car cela m'a donné envie de le lire et de m'ouvrir à plus d'authenticité envers moi-même.

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