Sororité
- Emmanuelle Le Guen
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Je vois, en séance, beaucoup de femmes.
Et il y a une réalité que je ne peux pas ignorer.
Je vois beaucoup trop de femmes porter en elles
le poids d’agressions qu’elles ont subies.
Un poids silencieux et qui ronge, parfois inconsciemment... le corps et le coeur
Un poids qui ne dit pas toujours son nom.
Je vois des corps qui se sont refermés,
qui ont dit STOP à eux-mêmes plutôt qu'à l'autre.
Et surtout…
je vois cette confusion profonde.
Comme si la salissure leur appartenait,
Comme si la mésestime d'elles-mêmes étaient logique.
Comme si la honte avait trouvé refuge en elles.
Comme si, quelque part, elles portaient encore
la responsabilité d’un acte qui n’a jamais été choisi.
Alors le corps encaisse.
Il se durcit.
Il se coupe.
Parfois, il se punit,
Parfois il se mutile lui-même, de l'intérieur.
Mais ce fardeau ne leur appartient pas.
Ce qui leur appartient, en revanche,
c’est la reconnaissance de ce qu’elles ont vécu.
Se reconnaître comme victime,
ce n’est pas se victimiser, s’enfermer dans l’événement.
Ce n’est pas se définir par lui.
C’est, au contraire, commencer à s’en libérer.
C’est remettre les choses à leur juste place.
Ca demande parfois énormément de force
car l'autre, l'agresseur est resté un proche, dans un cercle familial, amical.
Redonner à l’autre ce qui lui appartient.
Et revenir, doucement, à soi.
Dans mes accompagnements, en shiatsu,
je travaille avec les mains… et avec les mots.
Pour remettre du mouvement là où tout s’est figé.
Pour redonner au corps un espace de sécurité.
Pour permettre, petit à petit,
de réhabiter ce corps qui a été traversé.
J'ose croire que les femmes peuvent être là pour d'autres femmes,
Et nous sommes à même de nous aider à nous relever les unes les autres.
C'est dans cet esprit que j'accompagne.





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