top of page

Vacances : se reposer… ou récupérer ?

« Encore une semaine à tenir avant les vacances… »

Combien de fois entend-on cette phrase à l'approche de l'été ?

Alors on serre les dents. On se dit qu'il faut tenir encore un peu. On puise dans les dernières réserves. On fait taire les tensions, la fatigue, les douleurs, les émotions…

Comme si notre corps nous disait : « Écoute-moi », et que nous lui répondions : « Chut… s'il te plaît, ne me lâche pas maintenant. »

Et il obéit.

Jusqu'au jour où il ne peut plus.


C'est peut-être pour cela que certaines personnes tombent systématiquement malades dès le début des vacances. Une fois la pression retombée, le corps relâche enfin tout ce qu'il retenait depuis des mois. Il récupère. Il évacue. Il se répare.

Parfois, il faut même plusieurs semaines.

La première pour déconnecter.

La deuxième pour commencer à profiter.


Alors une question me vient…

Les vacances sont-elles faites pour se reposer… ou simplement pour récupérer de tout ce que nous avons enduré le reste de l'année ?

Car ce n'est pas la même chose.

Se reposer, c'est nourrir son équilibre.

Récupérer, c'est tenter de réparer un déséquilibre installé depuis longtemps.


Et l'on espère qu'en cinq semaines – parfois moins – le corps effacera onze mois de stress, de tensions et de fatigue accumulés. Mais le corps ne fonctionne pas ainsi.

On ne reconstruit pas une vitalité profondément entamée en quelques jours.

Il a besoin d'être écouté, soutenu et régulé tout au long de l'année.


Ce qui m'interroge, c'est notre rapport au travail.

Pourquoi avons-nous si souvent l'impression de SURVIVRE jusqu'aux vacances ?

Pourquoi notre plus grand objectif devient-il cette ligne d'arrivée où, enfin, nous aurons le droit de respirer ?

Comme si nous passions onze mois en apnée pour profiter de cinq semaines de liberté.

Comme si ces cinq semaines étaient le paradis… et le reste de l'année une parenthèse à supporter.

Est-ce vraiment cela, vivre ?

Ne méritons-nous pas mieux ?


Bien sûr, les congés sont une formidable avancée sociale. Ils permettent de découvrir, de voyager, de partager des moments précieux, de se ressourcer.

Mais lorsqu'ils deviennent notre unique bouffée d'oxygène, ils révèlent peut-être quelque chose de plus profond.


Peut-être que notre quotidien mérite d'être questionné.

Peut-être avons-nous peu à peu accepté de rentrer dans une case, de tenir un rythme qui ne nous ressemble pas, en nous disant que les vacances compenseraient.


Prendre soin de soi ne consiste pas seulement à mieux supporter une vie qui nous épuise. C'est construire un équilibre qui nous permette d'être pleinement vivants tout au long de l'année. Une vie équilibrée ne devrait pas être une vie dont on cherche à s'échapper onze mois par an.


 
 
 

Commentaires


bottom of page