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Quand le corps continue son travail après une séance

il y a 1 jour
3 min de lecture

Il arrive qu’après une séance de Shiatsu, drainage ou massage, quelque chose continue à se passer. La séance est terminée, parfois même avec une agréable sensation de détente ou de soulagement… puis, dans les heures qui suivent ou le lendemain, le corps réagit. Une grande fatigue, l’envie de dormir, des courbatures, une sensation de chaleur, un transit différent, des émotions qui remontent, un sommeil inhabituel ou encore une ancienne douleur qui se rappelle momentanément à nous.


Dans la tradition du shiatsu, cette réaction est appelée l'effet Meiken. On parle aussi parfois d’« effet rebond », effet detox en massage ou drainage. L’idée est intéressante : le soin ne s’arrêterait pas nécessairement au moment où l’on quitte le cabinet. Il peut être suivi d’une période durant laquelle le corps poursuit son propre mouvement d’adaptation et de rééquilibrage.


Un même soin, des réactions très différentes

Chez certains, il y aura un bâillement, un profond relâchement, des larmes, un besoin soudain de dormir, une sensation de légèreté ou, au contraire, de lourdeur.

Chez d’autres, la réaction apparaît plus tard. Une fatigue inhabituelle peut surgir, une tension peut se faire sentir différemment, une émotion jusque-là discrète peut prendre davantage de place.

Il peut également arriver qu’une personne ait l’impression de retrouver temporairement une sensation ancienne avant que celle-ci ne s’apaise.

C’est précisément cette diversité qui rend le phénomène intéressant : le corps de chacun possède son propre langage et son propre rythme de réaction.


Pourquoi le corps réagit-il ?

Le shiatsu agit par le toucher, la pression, les mobilisations et le travail sur les différentes zones du corps. Il modifie les perceptions, invite au relâchement et peut faire évoluer la manière dont nous ressentons notre propre corps.

Dans cette approche, l'effet Meiken est envisagé comme une manifestation du mouvement de régulation de l’organisme. Les émonctoires seront au passage stimulés.

On peut rapprocher cette notion de celle d’homéostasie : notre organisme cherche continuellement à maintenir un équilibre et s’adapte aux changements auxquels il est confronté. L'effet Meiken serait alors comme une période de transition, un moment où quelque chose se remet en mouvement.


Le corps ne réagit pas toujours dans la ligne droite

Nous imaginons souvent qu’un soin devrait produire une amélioration immédiate et continue : douleur → séance → mieux.

Mais le vécu corporel est rarement aussi linéaire.

Il peut y avoir du mieux, puis une fatigue. Une zone se détend, puis une autre devient plus perceptible. Une sensation disparaît et une autre apparaît. Le corps semble parfois avancer, reculer, changer de chemin… avant de retrouver un nouvel équilibre.

C’est l’une des dimensions qui m’intéressent particulièrement dans l'effet Meiken : il nous invite à regarder le corps comme un processus en mouvement plutôt que comme une mécanique que l’on devrait simplement réparer.


Et si nous apprenions à écouter ce mouvement ?

Après une séance, je conseille de laisser un peu de place à ce qui se passe.

Ne pas chercher immédiatement à remplir son agenda, à solliciter son corps davantage ou à faire taire chaque sensation. Boire, ralentir, dormir si le corps le demande, observer.

Il ne s’agit pas de provoquer une réaction ni de rechercher à tout prix un « effet détox ». L'effet Meiken n’est pas un objectif du shiatsu.

C’est plutôt une possibilité de la séance, une manière pour le corps de nous montrer qu’il poursuit son chemin après notre rendez-vous.

Et parfois, ce que nous prenons d’abord pour une réaction étrange est simplement une invitation à écouter un peu plus attentivement ce que notre corps essaie de nous dire.

Le soin se termine lorsque nous quittons le cabinet. Mais le mouvement, lui, peut continuer quelque temps.



 
 
 

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