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« Plus jamais... »

Je me souviens d'une séance où mes mains étaient posées sur les lombaires d'une personne lorsque j'ai ressenti quelque chose d'une intensité saisissante. C'est comme si cette partie du corps criait : « Plus jamais ! »


Combien de fois, après une blessure, une trahison, un abandon, une humiliation ou une immense déception, nous faisons intérieurement ce serment : « Plus jamais on ne me fera ça. » Sur le moment, cette décision nous protège. Elle est une tentative de survie. Alors nous fermons une porte. Puis une autre. Nous nous promettons de ne plus faire confiance. De ne plus aimer autant. De ne plus nous montrer vulnérables. De ne plus prendre de risques.


Notre esprit pense nous protéger. Mais notre corps, lui, enregistre aussi cette fermeture. Petit à petit, ce qui était une protection devient une rigidité. Les muscles se contractent. Les tissus perdent de leur souplesse. Le souffle circule moins librement. L'énergie se fige.


En médecine chinoise, lorsque le mouvement disparaît, les blocages s'installent. Et avec le temps peuvent apparaître les douleurs, les tensions chroniques, les raideurs ou cette impression d'être enfermé dans son propre corps. Parfois, ces mécanismes sont si anciens que nous avons oublié leur origine. Ils peuvent nous accompagner pendant des années.

Ils peuvent même faire écho à des blessures familiales qui se répètent de génération en génération.


C'est là que commence parfois ce que l'on appelle les mémoires transgénérationnelles : des peurs, des croyances ou des façons de se protéger qui semblent nous précéder.

Heureusement, rien n'est figé. Le corps possède une extraordinaire capacité à retrouver du mouvement lorsqu'il est écouté avec douceur.


Mais cela demande une véritable présence à soi. Une prise de conscience. Le courage d'aller rencontrer ce qui a été blessé plutôt que de continuer à le verrouiller. Ce chemin n'est pas toujours facile. Il demande de la patience, de la bienveillance et parfois d'accepter de rouvrir des portes que l'on croyait condamnées.


À mes yeux, prendre soin de sa santé ne consiste pas seulement à soulager une douleur.

C'est aussi apprendre à reconnaître tous ces « plus jamais » qui se sont inscrits en nous...

Et leur offrir, peu à peu, la possibilité de devenir : « Peut-être qu'aujourd'hui, c'est différent. »



 
 
 

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