"Je n'arrive plus à avancer"
- Emmanuelle Le Guen
- 28 janv.
- 2 min de lecture
Il y a des moments où avancer devient impossible. Pas parce que tout va mal, mais parce que quelque chose, en nous, refuse de continuer de la même manière. On essaie pourtant : réfléchir davantage, se motiver, se pousser un peu. Rien n’y fait. Le mouvement ne revient pas.
On appelle souvent cela de l’immobilisme. Un mot lourd, chargé de jugement, comme s’il fallait absolument en sortir. Comme si rester là était une erreur. Mais ce que l’on vit alors n’est pas forcément un blocage. Cela ressemble plutôt à un seuil.
Un seuil n’est pas un arrêt, c’est un passage. Un espace de transition où l’ancien ne tient plus et où le nouveau n’a pas encore pris forme. Sur un seuil, le corps ralentit de lui-même. L’élan se retire, l’énergie se concentre. Ce n’est pas une perte, c’est une réorganisation silencieuse.
Dans la vision du shiatsu, l’énergie ne disparaît pas lorsque l’on se sent immobile. Elle attend. Elle cherche une direction plus juste. Forcer le mouvement à ce moment-là crée souvent plus de tensions, plus de fatigue, plus de confusion. Le corps ne demande pas qu’on le pousse, il demande qu’on l’écoute.
Le toucher devient alors un soutien précieux. Non pas pour faire avancer, mais pour permettre à ce temps suspendu d’exister sans lutte. En shiatsu, il ne s’agit pas de franchir le seuil à tout prix, mais de l’habiter suffisamment pour que le passage puisse se faire de lui-même.
Souvent, le mouvement revient sans décision spectaculaire. Il revient parce que quelque chose, en profondeur, s’est remis à circuler. Un pas devient possible, parfois discret, mais profondément juste.
Si aujourd’hui tu as l’impression de ne pas avancer. Peut-être es-tu simplement à un seuil, dans cet endroit fragile où la vie ne demande pas plus d’effort, mais plus de présence.





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