Ce qui a été enlevé continue de parler
- Emmanuelle Le Guen
- 19 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 janv.
On parle parfois d’« organes fantômes ».
Et je le précise tout de suite : cela n’a rien à voir avec des pratiques occultes !
Ce terme peut surprendre, mais il renvoie à une réalité très concrète, notamment en médecine chinoise.
En Occident, lorsqu’un organe est retiré (thyroïde, vésicule biliaire, trompes, utérus, etc.), on considère généralement que le sujet est clos.
L’organe n’est plus là, donc on avance.
En médecine chinoise, la vision est différente.
Quand on parle d’un organe, on parle d’un système organe :
un ensemble qui comprend des fonctions physiologiques, des méridiens, des régulations internes, mais aussi des liens émotionnels et nerveux.
Même lorsque l’organe a été retiré chirurgicalement, le système auquel il appartient continue d’exister.
Il reste inscrit dans le corps, dans ses adaptations, dans sa mémoire.
Et c’est là que se situe mon parti pris de praticienne.
J’ai choisi d’aller voir ce qui n’est plus là,
ce qui a été enlevé,
ce qui est parfois passé sous silence.
Parce que ce qui manque, ce qui a disparu, révèle énormément sur le fonctionnement émotionnel d’une personne.
Sur la façon dont le corps s’est adapté.
Sur ce qu’il a dû compenser, retenir, déplacer.
Très souvent, après une ablation, le corps continue à “composer avec”.
On peut observer :
des déséquilibres persistants
des fragilités émotionnelles
des tensions diffuses
ou un sentiment de déconnexion difficile à nommer
Le travail en shiatsu et en médecine chinoise permet justement de prendre en compte ces systèmes organes, même lorsque l’organe n’est plus présent physiquement.
Non pas pour revenir en arrière, mais pour réintégrer ce qui a été exclu du regard.
On ne travaille pas sur un organe absent.
On travaille sur ce à quoi il était relié, sur ce qu’il soutenait, sur ce que son absence a modifié dans l’équilibre global.
C’est un champ encore trop peu exploré en Occident,
parce que nous avons déjà du mal à reconnaître ce qui n’est plus visible.
Pourtant, le corps, lui, n’oublie pas.
Il garde la trace de tout ce qu’il a dû traverser.
Et parfois, commencer par reconnaître cela,
c’est déjà permettre un premier rééquilibrage.





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