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Un "mal" pour un bien

4 sept.
3 min de lecture

Depuis toute petite, on m’a diagnostiqué des maux de ventre… sans raison apparente. Des douleurs qui m’ont accompagnée pendant très longtemps, jusqu’au jour où j’ai décidé, de mon propre chef, d’exclure le gluten de mon alimentation, vers 30 ans.


Ça n’a pas été simple. Parce qu’au-delà de l’aliment lui-même, il y a tout ce qu’il représente : les habitudes, la culture, les repas partagés, les invitations… et le regard des autres.

Petit à petit, j’ai également éliminé les produits laitiers, parce que je me suis rendu compte que je me sentais mieux sans eux. Puis la viande est venue dans la foulée, notamment parce que je cherchais à améliorer mon confort intestinal.


Au final, j’ai passé près de 15 ans sans gluten, sans produits laitiers et sans viande. Et pendant toutes ces années, j’ai aussi connu l’incompréhension. Les réflexions. Les questions. Les « mais tu ne manges rien ! » Les « alors on ne va pas pouvoir t’inviter, c’est trop compliqué ». Et parfois même, le fait d’arriver à un repas sans avoir réellement quelque chose à manger pour moi. C’est une forme de double peine. Non seulement on ne mange pas comme les autres, mais il faut aussi parfois composer avec le malaise que notre différence provoque chez les autres.


Parce que finalement, ce qui déstabilise souvent, ce n’est pas tant ce que nous mangeons… que le fait que nous sortions des habitudes communes. De mon côté, j’ai appris à m’y habituer. Et surtout, j’ai constaté les bénéfices que cela pouvait avoir pour moi. J’ai même tenté, un jour, de revenir à une alimentation « normale ». Et je me suis rapidement rendu compte que cela ne me convenait pas. Je n’ai pas réussi à rentrer dans le moule. Et aujourd’hui, je ne suis plus certaine que ce soit quelque chose que je doive chercher à faire.


Est-ce vraiment un problème de ne pas réussir à digérer certains aliments ? Surtout dans une époque où une grande partie de notre alimentation est transformée… Est-ce qu’il faut absolument apprendre à manger ce qui ne nous convient pas pour pouvoir se conformer aux habitudes sociales ? Ou peut-on simplement accepter que notre corps ait ses propres limites, ses propres besoins, ses propres préférences ? Je n’ai évidemment pas de réponse universelle à ces questions. Je parle ici de mon expérience.


Mais ce que je sais, c’est que cette différence alimentaire m’a finalement emmenée beaucoup plus loin que je ne l’aurais imaginé. Elle m’a obligée à chercher autrement. À découvrir les magasins bio. À m’intéresser davantage à l’alimentation et à ce que je mettais dans mon assiette. Et finalement… j’ai fini par y travailler. Pendant 10 ans, j’ai travaillé en magasin bio et j’ai accompagné des personnes dans leurs questionnements autour de l’alimentation. Avec le recul, je réalise que c’est probablement là que j’ai posé un premier pied sur le chemin du mieux-être.


Alors oui… Un mal pour un bien. Parce que peut-être que sans ces douleurs, ces intolérances et ces différences alimentaires, je n’aurais jamais été poussée à sortir de ce qui était considéré comme « normal ». Je n’aurais peut-être jamais découvert cet univers.

Je n’aurais peut-être jamais pris ce chemin. Et peut-être, tout simplement, que je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. Finalement, certaines de nos difficultés ne sont pas forcément là uniquement pour être supprimées. Parfois, elles nous obligent à chercher ailleurs.

À nous écouter davantage. À sortir du moule. Et parfois même… à nous rapprocher de ce qui nous correspond vraiment. C’est aussi pour cela qu’aujourd’hui, je peux comprendre les personnes qui se sentent « différentes ».


Parce que la différence ne se résume pas à ce qu’il y a dans notre assiette. Je crois que les intolérances alimentaires peuvent parfois nous amener à nous interroger plus largement sur notre sensibilité, notre manière de vivre et notre rapport à notre environnement.

Mais ça… ce sera peut-être le sujet d’un prochain article, si vous souhaitez que je vous raconte la suite de mon chemin.



 
 
 

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