Quand la spiritualité promet la souveraineté… mais produit la solitude
- Emmanuelle Le Guen
- 30 déc. 2025
- 2 min de lecture
Aujourd’hui, dans la spiritualité ésotérico-new age, on pousse les personnes à devenir "leur propre dieu/déesse", à être leur propre souverain, à n’avoir besoin de personne, ni de rien, à s’auto-suffire entièrement. Et paradoxalement, jamais une spiritualité n’a autant isolé les êtres humains.
Car comment peut-on réellement devenir son propre dieu ? Cette prétention n’est pas nouvelle. C’est précisément en voulant être comme Dieu que les anges déchus sont tombés. Or, notre corps, notre enveloppe ne suffit-elle pas à prouver notre fragilité, notre état non divin ?
L’orgueil ne prend pas toujours la forme d’une domination visible. Il peut être très subtil.
C’est l’orgueil de croire que l’on peut se débrouiller seul. L’orgueil de croire que l’on n’a pas besoin de Dieu dans sa vie. Et cet orgueil-là mène toujours du même côté :
celui de la séparation,
celui de la confusion,
celui de l’obscurcissement intérieur.
Comment voulons-nous accomplir "notre mission de vie", notre "mandat d'âme" sur cette terre si elle ne s’inscrit dans aucun plan divin ? Chercher ce que nous avons vraiment à faire ici ne consiste pas à nous ériger en centre de tout, mais à retrouver en nous l’humilité de reconnaître qu’il y a plus grand que nous. Ce n’est pas une diminution. C’est un réalignement.
La soumission à Dieu est aujourd’hui diabolisée. Elle est confondue avec l’esclavage. Pourtant, dans une perspective spirituelle juste, la soumission est seulement la condition de la liberté véritable. Se remettre à Dieu, ce n’est pas s’effacer, c’est cesser de porter seul un poids qui ne nous appartient pas.
Si nous voulons voir la main de Dieu agir dans notre vie, ne cherchons pas à nous en éloigner sous prétexte d’autonomie spirituelle. Dieu ne vient pas soutenir celui qui cherche à se diviniser lui-même. Il vient rejoindre celui qui accepte de ne pas être tout, celui qui accepte de ne pas tout maîtriser, celui qui accepte d’être relié. Car Dieu n’aide pas celui qui se divise lui-même, mais celui qui consent à l’unité.







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