Quand il est temps de laisser entrer...
- Emmanuelle Le Guen
- 3 janv.
- 2 min de lecture
On parle souvent de partir.
De fermer des portes.
De se retirer quand l’espace ne nous reconnaît plus.
Mais il existe un autre mouvement, plus subtil, souvent plus difficile :
celui de laisser entrer.
Laisser entrer ne signifie pas se précipiter.
Ce n’est pas combler un vide, ni ouvrir par peur du silence.
C’est un geste conscient, calme, enraciné.
Il est temps de laisser entrer quand tu n’as plus besoin de te suradapter pour être accueilli.
Quand ta présence n’est plus une épreuve à justifier.
Quand tu peux rester tel que tu es, sans stratégie, sans masque, sans retenue excessive.
Il est temps de laisser entrer quand ce qui se présente ne te contracte pas.
Quand ton corps ne se ferme pas.
Quand tu n’as pas à te préparer à l’impact, ni à anticiper la défense.
Certaines portes s’ouvrent quand tu n’es plus dans l’attente.
Quand tu ne quémandes rien.
Quand tu n’essaies pas de convaincre.
Laisser entrer, c’est reconnaître ce qui te respecte avant même que tu aies à le demander.
C’est sentir que l’échange est réciproque.
Que l’espace est partagé, pas conquis.
Il est temps de laisser entrer quand tu peux dire oui sans te perdre.
Quand l’ouverture ne te coûte pas ton axe.
Quand ce qui arrive s’ajoute à ta vie au lieu de la diluer.
Tout n’a pas besoin d’être filtré par la méfiance.
Et tout n’a pas vocation à passer le seuil.
Laisser entrer, c’est un acte de maturité intérieure.
Ce n’est pas l’absence de limites,
c’est la capacité à reconnaître ce qui est juste.
Et parfois, ce que tu laisses entrer n’est pas une personne,
mais une possibilité,
une paix nouvelle,
un rythme plus vrai,
ou simplement… toi, enfin présent à toi-même.
Parce qu’après avoir appris à partir,
il arrive un moment
où l’on apprend à accueillir.







Commentaires