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Capable

Après avoir 45 ans vécu dans mon corps, avec tout ce qu’il a traversé et tout ce qu’on a voulu de lui... Après avoir porté la vie et donné naissance... Après avoir, comme beaucoup de femmes, tenté de correspondre : aux attentes, aux images, aux rôles, à ce que l’on pense devoir être. Il y a eu un moment charnière dans mon parcours.


J’ai fait l’expérience par choix, il y a 12 ans, d’accoucher à mon domicile sans présence médicale. Une expérience forte, intime, qui m’a confrontée à mes peurs (et encore plus, celles des autres !) mais qui m’a surtout permis de toucher quelque chose de très profond : la capacité du corps.


À partir de là, j’ai commencé à sortir de certaines injonctions, notamment de l’idée que nous ne serions pas capables seule. Ce moment a marqué pour moi le début d’un chemin de déconstruction : remettre en question ce que l’on m’avait appris à croire sur mon corps, sur mes limites, sur ce qu’une femme peut ou ne peut pas faire. Bien sûr, encore aujourd’hui, il m’arrive de croiser des personnes qui remettent en question cette capacité. Mais je sais que ces réactions parlent souvent de leurs propres peurs et de leurs propres conditionnements. Et ça parle surtout du fait qu'ils n'ont pas fait l'expérience d'une forme de dépassement (qui est le but je pense d'une vie sur Terre).


Peu à peu, j’ai appris à écouter mon corps autrement. À le considérer non plus comme quelque chose à corriger, contrôler ou juger, mais comme un allié, un guide, un espace vivant qui raconte notre histoire. C’est ce chemin qui m’a menée vers le shiatsu, une pratique de toucher qui permet d’accompagner le corps dans ses tensions, mais aussi dans les émotions qu’il porte et exprime.


Dans l’approche issue de la médecine traditionnelle chinoise, le corps et les émotions sont intimement liés. Chaque organe est associé à une dynamique émotionnelle qui se résume ainsi :

  • le foie est lié à la colère, la frustration ou l’élan de vie contrarié,

  • le cœur à la joie, mais aussi à l’agitation ou à l’anxiété,

  • la rate aux ruminations, aux soucis et aux pensées qui tournent,

  • les poumons à la tristesse, au chagrin et à la difficulté à lâcher,

  • les reins à la peur et au sentiment de sécurité intérieure.


Lorsque ces émotions ne peuvent pas être exprimées ou traversées, le corps (ou les corps d'une même lignée) peut parfois les garder en mémoire sous forme de tensions, de fatigue ou de déséquilibres.

Le shiatsu devient alors un moyen d’écouter ces messages du corps, de relancer la circulation de l’énergie et d’accompagner en douceur ce qui cherche à se remettre en mouvement. Par là même le shiatsu ouvre le champ de conscience car il œuvre à la déconstruction de nos conditionnements, en travaillant sur nos limites diverses.


Aujourd’hui, je me sens plus libre d’habiter mon corps tel qu’il est, avec son intelligence, sa sensibilité et sa capacité de transformation. Et c’est depuis cet endroit que j’accompagne aujourd’hui.

J'accompagne des femmes qui, elles aussi, traversent des étapes de vie, des transformations, des questionnements. Des femmes qui sentent que leur corps a des choses à dire, et qui souhaitent se reconnecter à lui avec plus de douceur, d’écoute et de respect.

Parce que le corps n’est pas notre ennemi. Et qu’apprendre à l’écouter peut devenir un chemin de liberté.


 
 
 

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